5.3.1 L’homéostasie sensorielle
Le terme d’homéostasie sensorielle désigne l’état de stabilité émotionnelle de l’individu face aux stimuli de son environnement. C’est un état d’équilibre qui s’instaure au cours du développement entre un organisme et son environnement.
L’organisme est une structure en équilibre instable dans un environnement. Les stimuli interviennent en perturbant la structure qui doit produire un comportement pour retrouver l’équilibre.
Le chiot connaît des phases d’excitation et de peur , qu’il va apprendre à gérer au contact éducateur et apaisant de sa mère.
Nous rappelons qu’un chaton placé dans un environnement visuel normal reste quasiment aveugle s’il ne peut explorer activement. Les stimulations ne permettent l’établissement d’une homéostasie sensorielle qu’à condition que l’animal puisse explorer et interagir avec son environnement. C’est à dire que l’on ne peut dissocier l’acquisition du contrôle moteur, cognitif et émotionnel. Le jeune animal va ainsi apprendre à ne pas réagir à tous les stimuli de son environnement.
C’est vers la 3ème semaine que le chiot apprend à classer les stimuli de son environnement selon le phénomène d’attraction - aversion décrit par Scoot et Fuller (1965). Il se montre dans un premier temps très curieux, puis à partir de la 5ème semaine la peur de l’inconnu apparaît et vers la 14ème semaine il devient impossible d’incorporer de nouvelles références (dans 41). Pour que le chien s’adapte correctement à son nouveau milieu de vie, son développement doit donc avoir eu lieu, surtout entre la 3ème et la 8ème semaine, dans un milieu au moins aussi stimulant que
son futur milieu de vie.
D’autre part, si les chiots, durant leur développement, ont été soumis à des stimulations diverses, alors de nouveaux stimuli seront reconnus par analogie et incorporés au répertoire.
De plus, il semble selon les recherches de Fox, que plus les chiots sont soumis à des stimulations variées au cours de leur développement, moins ils sont émotifs, ils se montrent dominants dans les situations de compétition, et sont de plus en plus compétents dans la résolution de problèmes simples. En effet, l’apprentissage de base est facilité par un état d’aptitude cognitive, à un certain niveau émotionnel.
L’expérience acquise et le contexte favorable (in utéro puis dans la fratrie à des niveaux d’homéostasie sensorielle stabilisés) facilitent la mémorisation et diminuent d’autant la probabilité d’un fluctuation pathologique au cours du développement.
L’intensité de l’émotion est en rapport direct avec l’amplitude des perturbations comportementales subies ou présentées par le chiot.